L'incendie n'est possible qu'en présence de trois éléments : de la matière combustible - de la chaleur et de l'oxygène.
Ces trois composants sont la base du processus de combustion. Ils forment le triangle du feu.
Le combustible et l'oxygène sont naturellement en quantité suffisante dans notre environnement, il ne reste que l'apport de la chaleur pour l'ignition.
Au contact de la source d'ignition (chaleur), le combustible, par exemple le bois, brunit puis devient noir. Si la chaleur est trop intense (>100°C pour le cas du bois), l'auto-oxydation s'accélère de plus en plus (réaction chimique d'une matière avec l'oxygène), jusqu'au moment où des points incandescents et finalement des flammes se forment. L'incendie se déclare.
Aussi longtemps que les trois éléments du triangle du feu sont présents, un foyer ouvert se développe exponentiellement (c'est à dire que la vitesse de propagation est croissante). Ceci est dû au simple fait que le feu, pour être maintenu, n'a besoin que de un dixième de l'énergie qu'il a créé lui-même. Les autres neufs dixièmes sont dégagés sous forme de rayonnement dans l'espace environnant. Sous cette influence, le combustible se dessèche, se réchauffe et brûle donc encore plus vite.
Un des facteurs clé du développement de l'incendie est : le degré de décomposition du combustible. Plus le morcellement est petit, plus la quantité de surface exposée à l'air par unité de poids augmente. Par conséquent la combustion en sera d'autant plus rapide et la décomposition croissante. Exemple : de la sciure de bois peut brûler de façon explosive alors qu'une poutre se carbonise uniquement en surface et résiste très longtemps à un incendie.
La façon dont un incendie se déclare détermine également le développement du feu. Un incendie se déclare immédiatement avec une flamme (sans dégagement de fumée au préalable) alors qu'un feu couvant (provoqué par une source de chaleur intense) dégagera une fumée dense. Dans ce dernier cas et non des moindres puisque 95% des incendies commencent lentement, il est assez aisé de localiser le début d'incendie et d'intervenir avant la formation des flammes.
Le détecteur optique de fumées.
Ce détecteur permet l'analyse de l'air ambiant selon le principe de l'effet Tyndall (diffusion de lumière).
Equipé d'une "chambre optique de fumée" intégrant un émettteur et récepteur infra-rouge, le détecteur commande l'émission du signal lumineux infra-rouge et mesure le signal résiguel perçu par le récepteur. En l'absence de fumée, le signal lumineux émis est réfléchi sur les paroies de la "chambre optique de fumée" dont une très faible quantité est recuillie par le récepteur. Lorsque l'atmosphère se charge en molécules d'eau ou d'impureté (ce qui est le cas dans les fumées), le signal infra rouge émis se diffuse sur ces molécules augmentant ainsi le signal perçu par le récepteur.
Un micro contrôleur ( intégrant un logiel embarqué) analyse les variations pré-amplifiées du récepteur et, si celles-ci dépassent un seuil fixé par le constructeur, transmettra une information d'alarme au tableau de signalisation incendie.
Le détecteur de chaleur de type thermostatique.
Ce détecteur est équipé d'une sonde variant en fonction de la température (thermistance à faible inertie protégée par du téflon).
Cet élément utilisé dans un pont diviseur de tension fournit pour une température ambiante stable un signal stable (pas de variation de la valeur résistive de la thermistance). Lorsque la température ambiante varie, la valeur de la thermistance varie elle aussi proportionnellement.
Ce signal fluctuant est analisé par un micro contrôleur, lequel transmettra une information d'alarme au tableau de signalisation d'incendie si la température dépasse un seuil fixe correspondant à 60°C (classe A1S) ou 75°C (classe BS).
Le détecteur de chaleur de type thermovélocimétrique.
Le détecteur thermovélocimétrique analyse la vitesse à laquelle la température augmente en fonction du temps. Cela permet de s'affranchir de la valeur absolue de la température ambiante et de ne mesurer que ses variations. Par exemple, ne pas détecter les élévations normales de la température de l'ambiance due à l'effet du soleil, d'un chauffage normal des locaux etc, dont la valeur de la pente ne dépasse pas normalement 8°C/minute. Mais si la pente est plus élevée, par exemple 10°C, alors l'alarme incendie sera transmise.
Pour réaliser cela, il suffit de garder le même montage que précédemment, et d'inclure dans le micro contrôleur le logiciel adéquate permettant un bon traitement du signal. Selon différentes pentes d'élévation de température pré-programmées et conformément à la norme, lorsque celles-ci sont dépassées une information d'alarme est transmise.
En France, tous les détecteurs de type thermovélocimétrique garde un seuil d'alarme fixe de température (aux alentours de 60°C), évitant ainsi qu'un incendie avec une évolution incorrecte de la chaleur (flux d'air chaud brassée avec de l'air frais) ne donne une alarme trop tardivement alors que la température de la pièce serait déjà insupportable.
Ces détecteurs de température sont trés largement utilisés dans les cas où l'air est excessivement pollué, interdisant toute utilisation de détecteur de fumées. Il reste que des précautions à l'installation doivent être respectées pour éviter les fausses alarmes.
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